Renforcement des capacités universitaires, sociales et institutionnelles en éducation à l’environnement. Analyse interdisciplinaire des catastrophes socionaturelles et la gestion de ces risques dans l’Altiplano Mam des départements de San Mar

Unité de recherche : Laplec
Début : 2008
Fin : 2013

Selon les experts internationaux, le changement climatique est en cours et les dangers qu’il fait courir par l’augmentation du nombre de phénomènes naturels extrêmes à retombée internationale est aujourd’hui avéré. Les premières populations à subir les impacts des changements climatiques sont les communautés les plus pauvres car leur survie repose avant tout sur des secteurs économiques sensibles au climat. Selon le Centre for research on the epidemiology of disasters (CRED) basé à l’Université Catholique de Louvain, l’Amérique Centrale a connu en 33 ans dix phénomènes destructeurs, dits « naturels ». Soit dix catastrophes suivies par des périodes laborieuses de reconstruction dans des pays qui se retrouvent frappés sans presque pouvoir respirer. Dans ce contexte, la vulnérabilité du Guatemala aux phénomènes naturels (climatiques ou géologiques) augmente chaque année. Ce pays, connu comme celui de l’éternel printemps dans le secteur du tourisme, est aussi celui du risque éternel. L’Altiplano Mam des départements de San Marcos et de Quezaltenango est une région de bas indices de développement humain et par corrélation, de haute vulnérabilité aux catastrophes. Cela c’est démontré au cours du passage de la tempête tropicale Stan qui a frappé le Guatemala en octobre 2005. L'ampleur des dommages a été fondamentalement due à la haute vulnérabilité sociale de la région, la population n'étant pas préparée pour répondre efficacement devant ce type de menaces. Activités et résultats : 1. Formations de niveau universitaire à l’analyse interdisciplinaire des catastrophes socionaturelles adaptées en fonction du niveau de compétences des acteurs : - de professeurs de la CUSAM, par l’inscription à une maîtrise dans un des centres universitaires USAC et/ou par la formation à un doctorat ; - de cadres d’ONG et d’OG, par la mise en place d’un diplôme de troisième cycle, ou par l’inscription en maîtrise dans un des centres universitaires USAC ou en doctorat. - D’étudiants de la CUSAM, par la mise en place d’un cours spécifique en analyse des catastrophes socionaturelles dans la licence en agriculture en développement durable et/ou par la réalisation de recherche de terrain. Motivations : Il est urgent de remédier au faible niveau de formation universitaire des professeurs académiques. Seul 3% des professeurs universitaires au Guatemala possède un titre de docteurs. A la CUSAM, à peine 30% des professeurs ont réalisé une maîtrise. Le niveau de doctorat n’existant pas encore au Guatemala, il s’agirait tout d’abord de former des docteurs ancrés sur des problématiques locales et capables ultérieurement de mettre en place une filière doctorale. Dans cette optique, nous nous proposons de former des chercheurs à travers 3 thèses de doctorat : - Thèse de doctorat en Sociologie ou Anthropologie sur l’articulation des logiques de représentations et d’actions avec l’environnement naturel de la population Mam des départements de San Marcos et de Quezaltenango. - Thèse de doctorat en Science du Développement sur les inégalités écologiques, résilience et vulnérabilités aux catastrophes socionaturelles. - Thèse de doctorat en géographie rurale sur l’adaptation et la pro-activité des systèmes agricoles face aux catastrophes socionaturelles. La recherche sur les catastrophes socionaturelles et le travail de prévention des risques requièrent de fait des experts capables d’intervenir dans perspective multidisciplinaire, c’est-à-dire tant en science de l’environnement et en sciences humaines. Il est de plus essentiel de souligner que les recherches qui se dérouleront dans le cadre des formations universitaires auront pour objectif de fonction telle des « recherches-actions ». En effet, dans une perspective de co-construction des savoirs, les travaux pratiques de terrain auront pour axe par exemple d’évaluer les populations cibles les plus susceptibles d’être actrices dans la prévention aux catastrophes ou encore de tester les divers outils et dispositifs méthodologiques en matière de gestion des risques (diffusion de spots radiophoniques, ateliers de capacitation à destination des instituteurs et des membres des Comités communautaires de développement (Cocodes)). L’impact indirect de sensibilisation et d’empowerment des populations issues des 19 municipalités de la région en gestion des risques n’est donc pas à négliger. Suite aux lourdes séquelles laissées par le passage de l’ouragan Stan en octobre 2005, au Guatemala et en particulier dans les départements de San Marcos et de Quezaltenango, les habitants de la région sont demandeur d’introduire dans leur culture locale la prévention des risques aux catastrophes socionaturelles. Les communautés seront les premières bénéficières des résultats issus des pratiques de terrain. 2. Création d’un Institut de recherches interdisciplinaires sur les catastrophes socionaturelles au sein de la CUSAM ; Motivations : Le renforcement des connaissances scientifiques sur les catastrophes socionaturelles permet, grâce à un travail de diffusion des résultats, de diminuer le niveau de vulnérabilité de la population visée. Le lancement d’un Institut de référence au niveau du Guatemala vise à mettre au point des stratégies de gestion collective des risques, et à dépasser les freins proprement culturels ou pouvant les intégrer. Cet Institut sera fondé sur les dynamiques interdisciplinaires des différentes recherches évoquées au point 1 (thèses de doctorats, mémoires de maîtrise, travaux des fin d’étude du diplôme et des licences impliquées dans le projet). Il a pour ambition à terme de pouvoir servir de référence régionale pour les pays de la sous-région. Il développera une expertise en recherche-action en lien étroit avec les préoccupations des municipalités et des communautés rurales sur ces problématiques environnementales. Par ailleurs, il jouera un rôle d’incubateur de compétences en gestion des risques naturels. L’Institut de recherche sera en outre le pilier des formations universitaires interdisciplinaires proposées dans ce projet. Par ailleurs cet Institut constituera un lieu de rencontre et d’échange privilégié entre acteurs de terrains et chercheurs universitaires. Il est de plus impératif de promouvoir des recherches interdisciplinaires alliant sciences humaines et sciences environnementales sur la thématique de la gestion des risques aux catastrophes socionaturelles. En effet, facteurs humains et environnementaux sont intrinsèquement liés, et en particulier en ce qui concerne une approche préventive des catastrophes socionaturelles.

Plus d'informations : www.laplec.ulg.ac.be/projets.php?p=27&l=1