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Préparons l’après-pétrole dès maintenant Publiée le 08/03/2010.

Depuis le milieu des années 1980, l’humanité consomme plus de pétrole qu’elle n’en découvre. Inéluctablement, les réserves de pétrole (et de gaz naturel) bon marché s’épuisent. Or, le pétrole est une matière essentielle à nos sociétés développées. Les secteurs de l’énergie, des transports, de la chimie, de l’agriculture, … en dépendent. Avec la fin du pétrole, c’est une nouvelle société qu’il faut préparer, dès aujourd’hui. Cela prendra plusieurs décennies, demandera de revoir les priorités, réclamera des investissements très importants.

Aujourd’hui, des mesures concrètes commencent à voir le jour, comme l’isolation des habitations et un certain retour aux denrées de proximité. Ce n’est qu’un premier frisson. Le plus facile. Mais les défis les plus importants, les plus motivants, ne sont pas encore entamés.
Prenons l’exemple des transports. Les voitures, camions, bus, avions, bateaux consomment la moitié du pétrole extrait mondialement. Les seules alternatives (d'ici 2020) au pétrole sont les agrocarburants et l’électricité. L’hydrogène, si on parvient à résoudre tous les problèmes associés (stockage dans les véhicules, coût, production, distribution), ce sera pour plus tard. Les agrocarburants ne pourront jamais que remplacer de 4 à 10% du pétrole. L’électricité n’est adaptée qu’à des véhicules légers, avec une autonomie et une vitesse limitées. La probabilité est donc très importante de nous retrouver avec : 1) des véhicules électriques adaptés à la ville et aux déplacements courts ; 2) des agrocarburants pour les engins agricoles et les transports en commun routiers ; 3) des camions internationaux et poids lourds immobilisés ; 4) des avions limités aux transports intercontinentaux et aux riches.
Nul besoin d’être grand clerc pour en imaginer les conséquences sur la société, notamment le développement territorial. Il faut stopper le « tout à la route » et redévelopper les rôles du rail (depuis le tram jusqu’aux trains internationaux) et des bateaux. Cela implique de réfléchir d’abord à de nombreux aspects interdépendants, puis d’agir rapidement (mais pas précipitamment). Parmi d’autres : les relocalisations, l’intermodalité accrue et ce qu’elles impliquent sur la mobilité, le fonctionnement et la localisation des entreprises, des commerces, de l’habitat ; leur relation avec les déplacements des travailleurs, le vieillissement de la population....
Les problèmes sont complexes, mais il y a urgence. Selon des experts, une crise d'approvisionnement mondial est attendue vers 2015-2020. Quant au « pic du pétrole », il est attendu au plus tard vers 2030 (selon les plus optimistes). Les décennies qui viennent seront essentielles pour mettre sur pied un futur durable. Ce sera passionnant.

M. Wautelet, Vivement 2050. Comment nous vivrons (peut-être) demain (L’Harmattan, Paris, 2007)
M. Wautelet, D. Duvivier, P. Ozer. Sciences, technologies et société. Guide pratique en 250 questions (3e ed) (De Boeck, Bruxelles, 2009)

Lien : www.aspo.be
A télécharger : lepuredito-18-M._Wautelet.pdf

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