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Des données géographiques à plus hautes résolutions spatiales et temporelles Publiée le 03/05/2010.

Les techniques d’acquisition de données géographiques ont fortement évolué ces dernières années résultant d’un accroissement de la résolution spatiale ainsi que de la résolution temporelle de celles-ci.

Amélioration de la résolution spatiale:
- l’imagerie satellitaire est passée d’un maillage kilométrique à décamétrique à un maillage métrique voire sub-métrique.
- les systèmes de positionnement par satellites permettent même en mode de navigation l’obtention de données de précision métrique voire sub-métrique.
- la lasergrammétrie a fait son apparition tant par voie aérienne que par voie terrestre. Les scanneurs laser permettant d’acquérir des millions de points tridimensionnels à un pas très fins (de l’ordre du centimètre pour les scanneurs terrestres) permettant l’obtention de surfaces quasi continues pouvant être enrichies de clichés ortho-rectifiés.
- Etc.
Il est donc envisageable de créer par exemple des modèles urbains 3D à haute résolution obtenus par combinaisons de données terrestres et aériennes à divers niveaux de détails.

Amélioration de la résolution temporelle:
- l’augmentation du nombre de satellites d’observation accroît la fréquence de prises de vue sur un même territoire.
- le développement de système de positionnement augmenté (réseau RTK par exemple) permet d’obtenir en temps réel des données de haute précision qui nécessitaient avant des post-traitements.
- l’utilisation de balises et pseudolites (pseudo-satellite) permettent d’obtenir des informations de positionnement précises à l’intérieur même des bâtiments.
- les systèmes mobiles embarquant scanneurs laser, appareils photographiques et caméras permettent d’obtenir des données 3D de manière semi-automatique sur de grandes zones relativement rapidement.
- Etc.
Repartant de notre exemple, des modèles 3D urbains à haute résolution pourraient être mis à jour assez facilement de façon semi-automatique et en plus, contenir de l’information dynamique, potentiellement en temps réels, de divers phénomènes observables (piétons, pollutions, etc.).
L’impact sur les domaines d’application et notamment en urbanisme et aménagement du territoire est important. On se trouve en possession de données variées avec une récurrence plus ou moins grande permettant de manipuler des objets traditionnellement peu considérés et d’envisager des analyses et traitements nouveaux.
Il faut cependant un peu tempérer notre enthousiasme. D’une part, le volume de données va croître considérablement. Il sera nécessaire d’effectuer des prétraitements afin de nettoyer et de stocker utilement les données. D’autre part, on se trouve face à de nouveaux objets qu’il faudra définir (sémantiquement – ontologiquement). Les traitements et analyses devront être formalisés d’autant plus que le flot d’information nécessite un traitement rapide (voire en temps réel). Se pose donc le problème de l’interopérabilité des données et de l’automatisation des processus de raisonnement. Tout ceci ouvre des voies de recherches multiples se trouvant à la croisée de plusieurs disciplines. La problématique du respect de la vie privée est fondamentale dans cette évolution, des solutions tant légales que techniques devant être investiguées.
Une fois ces problèmes levés, il sera possible de mettre en œuvre des systèmes performants permettant une avancée importante tant en analyses quantitatives que qualitatives des phénomènes liés au territoire. En manipulant des données de plus en plus proches de la réalité perçue, tant d’un point de vue spatial que temporel, les gestionnaires et scientifiques du territoire voient leurs champs de modélisation se rapprocher de leurs champs réels d’exploration. Une nouvelle lecture des territoires nous est offerte si l’on relève ces défis d’intégration technologique.

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