News

Des biens publics globaux ? Publiée le 27/05/2010.

Les débats sur l’environnement et le développement durable ont fait émerger cette notion nouvelle. Les biens publics globaux sont des biens très particuliers ; ils sont sensés être des biens dont le maintien ou la préservation importent à toute l’humanité. Leur gestion suppose une action internationale. C’est vrai de la lutte contre certaines épidémies, c’est vrai aussi de l’eau. Mais parmi ces biens publics globaux, les plus discutés actuellement sont certainement le climat et la biodiversité. Pourtant s’agit-il là réellement de « biens » ?

Si on considère par exemple une forêt ou encore un fleuve, nous avons assurément des biens qui peuvent être appropriés. On pourrait penser qu’il en va de même de la biodiversité, mais celle-ci n’est pourtant pas un bien. Comme le climat, la biodiversité, c’est plutôt un système qui comporte certes des biens, mais ce qui a valeur, ce ne sont pas seulement les forêts, les espèces végétales ou animales, c’est leur diversité, c’est les possibilités que cette diversité représente pour le futur. De même, le climat n’est pas un bien, c’est la condition « systémique » de l’existence et du maintien de certains fonctionnements écologiques qui assurent l’existence de biens appropriables (production agricole, sécurité, eau). Nous nous trouvons devant un problème inédit car il ne s’agit plus de protéger des espaces ou des espèces mais de maintenir en « bon état » des systèmes complexes, incomplètement connus, et pourtant indispensables pour le long terme. Il est de bonne réflexion « systémique » que pour contrôler un système complexe, il faut aussi une instrumentation complexe, car il ne s’agit pas de contrôler une seule variable… Sachant qu’il y a pas mal d’incertitudes, il ne faut pas s’attendre à une solution définitive ni simple. Il s’agit plutôt de se mettre dans une posture d’apprentissage, d’essai et d’expérimentation. C’est le défi de la recherche en environnement. Et cela suppose sans doute d’autres modes de recherche et d’autres formes d’enseignement où seraient privilégiés la créativité et le partenariat avec les acteurs.

A télécharger : lepuredito-21-marc_mormont-_editorial_N°7.pdf

Retour à la liste des news