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La gestion du paysage par l’aménagement du territoire : où en est-on dans les engagements de la Convention Européenne du Paysage ? Publiée le 14/12/2010.

L’automne 2010 consacre les dix ans de la Convention Européenne du Paysage.
En ratifiant cette convention internationale, la Région wallonne a pris divers engagements effectifs depuis bientôt six ans (1er avril 2005).
Elle s’est engagée (Art.5,b) à définir et à mettre en œuvre des politiques visant la protection, la gestion et l’aménagement des paysages par l’adoption des mesures particulières visées à l’art.6 ainsi qu’à (Art.5,d) intégrer le paysage dans les politiques d’aménagement du territoire, d’urbanisme et dans les politiques culturelle, environnementale, agricole, sociale et économique, ainsi que dans les autres politiques pouvant avoir un effet direct ou indirect sur le paysage.

Si l’on s’en tient à l’aménagement du territoire cité comme premier responsable par la convention elle-même, parmi les mesures particulières, un certain nombre sont faciles à mettre en œuvre car elles n’engagent pas à de gros sacrifices.
En effet, les mesures particulières de sensibilisation (6,A) du public et des autorités publiques ont vu depuis lors diverses initiatives largement soutenues (des Parcs naturels, des GAL, des Maisons de l’Urbanisme, …). L’identification (Art.6,C1a) des paysages wallons est déjà bien engagée par la publication des Atlas du paysage par ensemble paysager (Le 4e sur le Condroz est en chantier).
Leur qualification (Art.6,C1b) différenciée semble cependant reportée après la phase de caractérisation par les atlas, même si le recueil de la sensibilité des populations est depuis longtemps déjà bien avancé par les études ADESA.
Quant à la mesure (6,B) de formation des spécialistes, elle a déjà créé plus de tiraillement (la construction par la « Cellule Paysage » d’une formation spécifique destinée aux agents de la DGATLP a été validée par les Fonctionnaires délégués mais jamais mise en œuvre).

Si l’on considère qu’il s’agit d’options stratégiques de gestion du territoire, la formulation (Art.6,D) des objectifs de qualité paysagère pour les paysages identifiés et qualifiés après consultation du public pourrait être intégrée dans la révision du SDER qui sera soumise à enquête publique, encore faudrait-il que soient collectées les diverses propositions déjà émises.

Enfin, la mise en place (Art.6,E) des moyens d’intervention visant la protection, la gestion et/ou l’aménagement des paysages pose plus de problème, dans la mesure où elle peut présupposer (ou impliquer) une reconsidération des priorités et des logiques de certains de nos outils d’aménagement, dont en particulier le plus puissant qu’est le plan de secteur.

Ne correspondrait-il pas aux engagements pris qu’une planification déjà ancienne, qui a peu pris en considération le paysage (c’est un euphémisme), soit réexaminée pour toutes les mesures ou les lieux où est planifiée une déqualification paysagère ?

A télécharger : lepuredito-39-claude_feltz.pdf

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